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Le Vieux Village

 

LE VIEUX VILLAGE

La fondation du village et celle du château sont étroitement liées, comme l'indique d'ailleurs le nom de Castelnau.

 

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Un  « Castelnau »
 

 Le Puy de Bonafous

 Le Castelnau, Coiffant un sommet, est un château clos, aux murs épais et aveugles, percés d'une seule ouverture avec pont-levis qui abrite des maisons à l'intérieur de ses murs et, ici, sur les pentes de la colline.En cas d'attaque, le château fournit son imprenable refuge.Au milieu du XIIIème siècle, la fondation d'un Castelnau, village accompagnant un château perché sur un « puy », était une survivance. L'agglomération ne pouvait que s'accrocher aux flancs de la colline, au-dessous de la forteresse, et son développement en était rendu d'autant plus difficile. Il s'agissait donc d'un archaïsme à une époque où se multipliaient les bastides, villes de plaine dotées d'un plan régulier. Seules des raisons d'ordre militaire et politique, jointes à l'exploitation des péages de Saint‑Sulpice et Saint­Géry, ont justifié une telle création qui n'a d'ailleurs jamais pris beaucoup d'ampleur, demeurant dans l'ombre du château. La cité nouvelle de Bonnafous, étagée sur une pente, couronnée par un château, a le corps d'un castelnau mais aussi ce qui caractérise une bastide en dehors de son plan précis autour d'une place à couverts : l'esprit qui l'anime et la charte des franchises qui règle sa vie dans ses moindres détails  

 

 

 

 

     
Le 17 janvier 1235, Raymond VII, comte de Tou­louse, concéda en fief à un de ses familiers, Sicard Alaman, un territoire assez vaste entourant la colline appelée le Puy de Bonafous, à charge pour celui‑ci d'y construire un château et un village dont les futurs habitants seraient exemptés de toutes impositions, à l'exception de « l'albergue » pour cent chevaliers et des services « d'ost » et de « chevauchée »
Cette opération était bénéfique pour les deux parties. Raymond VII, qui avait dû céder au traité de Meaux en 1229 une bonne part de ses possessions au roi et notamment la rive gauche du Tarn face à la nouvelle fondation, y voyait un moyen d'affirmer son autorité : l'installa­tion d'un point d'appui fortifié permettait de surveiller la plaine du Tarn et l'une des voies d'accès à la ville d'Albi.
Sicard Alaman, homme de confiance du comte, trouvait là l'occasion de constituer une sei­gneurie homogène pourvue d'un centre politique, le village neuf, sans parler des avantages économiques rapidement obtenus comme celui de frapper la monnaie d'Albi conjointement avec le comte et l'Evèque.
Le 11 mai 1256, Sicard Alaman concéda aux habitants une charte de franchise qui constituait en même temps une incitation au peuplement par les avantages accordés aux nouveaux villageois qui viendraient s y installer. Le château étant alors construit, le texte fait une distinction entre l'enceinte fortifiée « cap del castell » où les maisons bâties dans la basse‑cour étaient franches de toute redevance seigneuriale et le village hors les murs « barri del castel » où des terrains de quatre cannes de large sur six de long (7 m sur 11 m environ) étaient distribués moyennant un cens annuel. Les maisons dans l'enceinte étaient, à cette époque, attribuées aux chevaliers dépendant de Sicard Alaman, chargés d'assurer la défense du château. 
Il n'en alla plus de même aux XIVème et XVème siècles où l'on y trou­vait des bourgeois et des paysans.

Plan primitif de Castelnau (Coradello). Chaque parcelle représente un Ayral

Lo Cap del Castell

Dans la partie occidentale, dix maisons alignées de part et d'autre d'une rue centrale servaient de demeure aux damoiseaux et chevaliers que Sicard Alaman avait convaincus de déménager depuis la plaine. C'était lo cap del castell : le bout du château.
Lors de la fondation de Castelnau, les maisons de l'enceinte fortifiée avaient été réservées en priorité aux petits seigneurs locaux à qui Sicard Alaman prenait ou achetait des terres. Une ouverture sociale fut cependant instaurée de fait entre le XIIIème et 1473 entre les habitants du  Cap del castell  et ceux des  barris, résultant au cours des siècles, aux aléas des successions et des ventes

 

           

Les Barris

 La plus grande partie des maisons du village se situait à l'extérieur des murailles du château, dans les barris, ou faubourgs.
  C'est dans cette partie du village qu'étaient située les « ayrals » ou emplacerments à bâtir concédés à tout nouvel habitant d'après la charte de franchises en 1256. Certainement dès cette époque, plus aucune maison ne pouvait être construite dans l'enceinte castrale, faute de place.  L'expansion du village pou­vait être réalisée seulement dans les barris, en dehors de toute contrainte imposée par une enceinte. Le château constituait une forteresse isolée. La résidence seigneuriale et les maisons comprises dans l'enceinte castrale pouvaient facilement se couper du reste du village ; chaque soir après le coucher du soleil, la porte d'accès des barris au château était close.
  Castelnau de Bonafous est un village neuf construit après 1235.  La construction dans les faubourgs a même dû se faire postérieurement à cette date puisque la charte de franchises de 1256 organise la distribution des terrains à bâ­tir. De 1235 à 1256, les principaux soins s'étaîent portés sur l'édification. du château et de son enceinte. Le village ne fut édifié au-dessous du château que lorsque celui‑ci fut en place. Le plan ne diffère en cela en aucune façon du plan habituel aux castelnoux.
 Grâce au cadastre de 1809 et les Indications des terriers et cadastre, il est possible de reconstituer le plan du village
 Six rangées de maisons (deux sont incomplètes) sont disposées en amphithéâtre au pied du château. Sur le plan cadastral de 1909, les maisons présentent des dimensions régulières : une longueur de 10 à 12 m et une largeur variant entre 6 m 25 m et 8 m 75 en moyenne. Ces dimensions correspondent exactement aux dimensions des emplacements à bâtir fournies par la Charte de Franchises de 1256 : environ 7 m sur 10 m. Il ne semble donc pas y avoir eu de grandes transformations entre l'époque de la fondation du village et le plan cadastral de 1809. D'ailleurs, encore à présent, le village contient quelques maisons anciennes pouvant dater du XVIème siècle, voire même plus tôt. Le village dans sa partie haute a été préservé de toute construction moderne ; il est encore possible à I'heure actuelle d'emprunter les petites ruelles étroites ( 3 à 5 m de large), s'étageant sur la colline et communiquant entre elles par des escaliers en raison de la déclivité.
 Ce plan du village de Castelnau a été étudié par l'architecte Lavedan qui le définit comme un plan, radiocentrique, combinant un plan d'attraction a un plan d'enveloppement. Ce plan s'adaptera aux conditions du relief. Bâtis au flanc de la colline, les six anneaux de maisons ne sont pas situés au même niveau mais étagés. Les communications entre les ruelles déterminées par ces anneaux se font, encore de nos jours, par des escaliers ou des pentes douces aménagées.
 Comme dans toutes les bastides, villes neuves et castelnaux qui obéissent à un plan bien déterminé, des personnes que M. Lavedan appeIle des « traceurs de ville » se sont occupées d'or­donner et de tracer la plan du village neuf, de fixer au sol la délimitation des terrains attribués à tout nouvel habitant. Mal­heureusement les sources sont muettes sur ces « traceurs de villes » dans lesquels M, Lavedan voyait surtout  des notables locaux de préférence à des hommes de métier. Certainement à Castelnau de Lévis, comme ailleurs, des personnes ont surveillé la distribution des emplacements à bâtir donnés à chaque nouvel habitant et cette réglementation stricte sur l'emplacement et les modalités de construction (attribution des terrains, bornage par les gens du seigneur puis construction des bâtiments soit par les maîtres d'œuvres, soit par la personne qui va y habiter) se poursuivit bien après la création de Castelnau.  Ainsi, le plan du village de Castelnau ne diffère guère des plans types rencontrés dans d'autres castelnaux : l'essentiel du village s'étend au dessous du château. Les quelques particularités qu'il peu avoir lui viennent du relief. L'agencement de ce village neuf fut certainement l'œuvre de son seigneur et de ses gens.

 

En conclusion

Le château de Castelnau‑de‑Lévis était donc un édifice important par sa taille et sa situation stra­tégique. Construit au milieu du XIIIème siècle par un familier de comte de Toulouse, Ravmond VII, comme siège d'une petite seigneurie, il passa très vite dans les mains de grandes familles, les Lévis d'abord, puis les Amboise et les Crussol qui l'entretinrent et y apportèrent diverses transformations.
Sa ruine presque com­plète ait cours de la première moitié du XIXème siècle n'a laissé subsister que trois éléments isolés de la for­teresse féodale mais à coup sûr parmi les plus intéressants. Leur unité d'appareil, due à l'emploi de maté­riaux tirés de la même carrière et à la permanence d'une taille artisanale locale n'empêche pas que ces vestiges sont représentatifs de l'évolution du château et de ses diverses campagnes de construction au Moyen Age.
La première de ces campagnes, et la principale puisqu'elle donna à l'ouvrage son tracé et la quasi‑totalité de ses défenses, est celle de Sicard Alaman entre 1235 et 1256 avec prolongement éven­tuel de quelques années. Les suivantes portèrent seulement sur des améliorations limitées à certains points stratégiques, comme l'érection de l'audacieuse tourelle de guet à la fin du XIVème siècle et celle de la grosse tour orientale au XVème siècle. Les travaux postérieurs ne semblent avoir que peu modifié l'architecture proprement militaire ; ils ont surtout consisté à créer de nouveaux bâtiments d'habitation à l'intérieur de l'enceinte à la fin du XVIème siècle avec sans doute quelques retouches apportées aux XVIIème et XVIIIème siècles mais tout cela a complètement disparu.
On peut d'autant plus le regretter que nous aurions pu conserver un exemple somme toute assez rare d'un château fort de crête répondant à des impératifs politiques et stratégiques particuliers à l'époque médiévale, conservé et maintenu au cours des temps modernes malgré une situation et une implantation qui ne le destinaient guère à devenir un château de plaisance.
Le château de Castelnau de Bonafous a été classé "monument historique" en 1909.
Il devient la propriété de la commune en 1987.
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